Le chantier du Singe sur le piano avance dans le mouvement “Les Quat’Cents Coups”.
Après la séquence de “Ça t’va”, entièrement terminée, Lazare entre maintenant dans un territoire plus nerveux, plus urbain, plus frondeur : celui de la poésie qui ne reste plus sagement dans les livres.
Pour cette nouvelle partie, l’idée était de faire descendre les poèmes dans la rue. Les premiers essais d’animation automatique ont vite montré leurs limites : les livres s’ouvraient de travers, changeaient de titre, ou décidaient d’animer le mauvais voisin de rayonnage. Comme souvent dans l’atelier, la solution est venue du montage.
Les portraits de Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Apollinaire et Aragon ont donc été créés comme des médaillons poétiques. Ils apparaissent un par un, traversent l’image, puis s’envolent vers les rues de Paris, comme si les poètes quittaient le présentoir pour aller semer leurs mots dans la ville.
Le principe est désormais validé : les poètes ne sont plus de simples noms sur des couvertures. Ils deviennent des présences en mouvement, des visages emportés par le vent, des passagers clandestins du chant de Lazare.
La suite du travail portera sur QC03, où le monde commencera à se dérégler sous l’effet de cette poésie descendue dans la rue.